Avocat divorce – Je divorce ? –

Divorcer n’est pas chose facile. C’est une décision difficile à prendre, qui nous engage nous, notre conjoint et nos enfants. C’est une décision que l’on peut prendre à deux mais qui, on le constate, est généralement prise seul(e). Souvent ressenti comme un constat d’échec, le divorce est au couple, ce que la mort est à la vie. C’est, pourtant parfois, malheureusement, la seule solution…

Le divorce, souvent mal vécu, est parfois un mal nécessaire. Divorcer : renoncer pour se reconstruire ? Le divorce est le générique de fin d’un passé parfois douloureux dont on garde les bons moments et sur lequel on s’appuie pour construire l’avenir et ne pas réitérer les mêmes erreurs. Dont on garde les bons moments. Car même s’il est plus facile de nier ces bons moments, même si on le fait pour se protéger, on garde en nous ces moments. Même lorsqu’on se déchire pour la garde de son enfant, on se souvient encore, de nous uni à l’autre par la même joie de voir son enfant naitre. Et restera pour toujours, cette phrase, gravée à jamais, c’est le père, c’est la mère de mon enfant.
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Le divorce est de temps en temps le sentiment de pouvoir effacer des difficultés que l’on pourrait peut-être surmonter si l’on n’était pas si usé(e). Le divorce est de temps en temps le besoin de se retrouver, soi, sans avoir à se justifier. Mais le divorce culpabilise… Il est plus facile de se marier que de divorcer. Pourtant le divorce est très souvent le fruit d’une longue réflexion et nécessite beaucoup de courage. Car là où la passion nous pousse à nous marier, la raison nous retient de divorcer.

Le divorce est souvent injuste et douloureux. Injuste et douloureux lorsqu’on aime encore. Injuste et douloureux lorsqu’on ne veut se résigner. Cruel dilemme que celui d’aimer sans être aimé et que celui de rester lorsqu’on est déjà un peu parti. Mais jusqu’où aller dans la reconquête de l’autre ? Car on ne peut retenir l’autre contre son gré. Quand faut-il divorcer ?
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La question est difficile. Car chacun sait que lorsqu’on est soi même confronté à ce dilemme, les réponses qui autrefois nous paraissaient si faciles à trouver ne le sont plus. Il y a cependant deux points sur lesquels il me semble important d’insister et que l’on rencontre encore trop souvent. Tout d’abord les violences conjugales. Si, évidemment, tout couple connait son lot de disputes, si tout à chacun comprend qu’on ne puisse pas être d’accord sur tout, les violences faites au conjoint sont en revanche inexcusables. La loi pénale est, à juste titre, très sévère sur ce sujet. Les violences faites au conjoint sont des violences aggravées. La loi, par l’article 222-13 du code pénal, prévoit que les violences ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ayant entraîné aucune incapacité de travail sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsqu'elles sont commises par le conjoint ou le concubin de la victime. D’autre part, un rapport sexuel nécessite toujours la volonté des deux partenaires, qu’ils soient mariés, pacsés ou vivant ensemble. Dans le cas contraire c’est un viol. Le non respect d’une de ces deux règles élémentaires ne doit plus, quelque soit les circonstances, quelque soit les enjeux, laisser de place au doute.

Toujours est-il que s’il est si difficile de divorcer, c’est souvent parce qu’un divorce nous concerne autant qu’il concerne nos enfants. Lorsque, bien souvent, on reste, c’est pour ses enfants. Trop souvent dans le passé les enfants ont été oubliés. Or ce sont généralement eux, qui souffrent le plus d’un divorce. Il est donc très important de rester à leur écoute, même si c’est difficile. Etre à l’écoute ne signifie pas cependant monnayer leur affection par des cadeaux. Etre à l’écoute signifie davantage de prendre le temps de leur expliquer la situation, de les rassurer. On peut être surpris de la capacité d’un enfant à comprendre une situation, aussi difficile, soit elle, que celle d’un divorce. On voit même des enfants accepter le divorce de leur parent si ça peut permettre à leurs parents d’être plus heureux. Mais être à l’écoute ne signifie pas non plus placer l’enfant au centre d’un conflit dont il n’est nullement responsable. Un enfant n’a jamais à être l’objet de chantage. Enfin, dans la mesure du possible, les séparations brutales sont à éviter.

Lorsqu’on divorce, au moment de choisir son avocat, une question revient fréquemment. Que son avocat soit une femme ou qu’il soit un homme a-t-il de l’importance ? Sous-entendu ne vaut-il pas mieux, être défendu par une femme que par un homme ? Pour répondre à la question et constatant, tout d’abord, un nombre plus élevé de femmes avocat en droit de la famille, vous avez mathématiquement plus de chances d’être défendu par une femme. Mais conclure trop rapidement, qu’il y a plus de femmes que d’hommes, avocat en droit de la famille, parce qu’elles sont meilleures, serait inexact. Que votre avocat soit un homme ou une femme n’a pas d’importance. De même que votre avocat soit un homme ou une femme concernant le droit des affaires n’a pas non plus d’importance. Bien que le constate, curieusement, à l’inverse, qu’il y ait davantage d’hommes que de femmes avocat en droit des affaires.

Pour conclure, le divorce est une étape difficile et éprouvante. Mais mes vingt ans d’expérience me laissent à penser, avec le recul, que l’on réussit plus souvent son divorce, que son mariage. Combien de divorces, parfois même s’annonçant extrêmement conflictuels au départ, se sont terminés sereinement. Combien de gens me témoignent, après quelques années, que le divorce était finalement la bonne solution, que le divorce leur a permis d’entretenir de bonnes relations avec leur ex-conjoint, que le divorce a permis à leurs enfants de continuer de s’épanouir. Bien évidemment, ce texte n’a absolument pas pour vocation de pousser quiconque au divorce. Simplement, nous vivons dans une société extrêmement culpabilisante, ce peut-être malgré les apparences, et si ce texte peut aider certaines personnes à déculpabiliser, ou à assumer davantage leur choix vis-à-vis de leur famille ou de leurs amis, ce sera une réussite. Certes un divorce est une expérience très pénible, mais il est possible de retrouver une vie conjugale heureuse après un divorce.

Jacqueline Leduc Novi
Avocat au barreau de Lille






Divorce avocatavocat lille - 2007